Haïku — Les Voiles
Cette collection est née d’une conversation.
Un ami proche, poète japonais et auteur de haïkus, m’a un jour dit :
« Tu dessines très bien, Kay. Mais pourrais-tu exprimer le vent, les voiles, la mer et les émotions… sans trop de détails, comme dans une peinture haïku ? »
Cette phrase a été un point de bascule.
À partir de ce moment, j’ai commencé à simplifier. Encore et encore.
À retirer plutôt qu’à ajouter.
Les formes se sont peu à peu dissoutes, les lignes se sont espacées, jusqu’à ce que quelques traits suffisent à contenir le mouvement, l’espace et l’émotion.
Ce qui semble aujourd’hui évident ou minimal est en réalité le résultat de plusieurs années d’esquisses, de recherches et d’ajustements.
La collection Haïku est l’aboutissement de ce processus :
exprimer l’essentiel sans le décrire,
comme un parfum que l’on reconnaît sans le nommer.
Au fil de l’eau, chacun peut retrouver dans ces œuvres des fragments de sa propre traversée.
Les voiles deviennent des signes, des trajectoires silencieuses entre ciel et mer.
Elles évoquent le mouvement, mais aussi l’attente, l’équilibre, l’écoute.
Comme un voilier, nos trajectoires de vie nous invitent parfois à changer de cap.
Ce mouvement peut être vécu dans l’intensité ou dans le calme, selon notre manière de percevoir et d’accueillir ce qui se présente.
La peinture devient alors un espace de projection intérieure, un lieu de respiration.
C’est à Saint-Barthélemy qu’est née cette collection de voiliers.
À Saint-Barthélemy, la voile fait partie intégrante du rythme de l’île, de sa lumière et de son identité.
Les grands événements nautiques de Saint-Barthélemy, comme la Cata Cup, la Bucket Regatta au départ de Gustavia, ou encore Les Voiles de Saint-Barth, marquent les saisons et dessinent une temporalité particulière, propre à l’île.
Les voiliers longent alors les côtes de Gustavia, Colombier, Petite Anse, Flamands, Anse des Cayes, Saint-Jean, Lorient, Marigot, Grand Cul-de-Sac, Petit Cul-de-Sac, Toiny, Grand Fond, Gouverneur, Salines et Shell Beach, autant de noms qui font rêver et qui composent la géographie sensible de Saint-Barthélemy.
Lorsque ces voiliers apparaissent à l’horizon de Saint-Barthélemy, c’est comme une respiration qui revient.
Une présence discrète mais essentielle, particulièrement ressentie par celles et ceux qui aiment l’île pour ce qu’elle est : un lieu de simplicité, de lumière et de passion pour la mer.
Cette série est aussi un hommage à cette relation profonde entre l’île, la voile et la mer, ainsi qu’aux pêcheurs et marins qui font vivre cet esprit, même si les embarcations diffèrent.
Le Mur de Lumière, offert à la Collectivité de Saint-Barthélemy en remerciement de plus de trente années de vie et de création sur l’île, s’inscrit dans cette même démarche :
une œuvre sobre, lumineuse et durable, pensée comme un geste de gratitude envers un territoire qui inspire et relie.